Délégationdu Loir-et-Cher

Sans travail, exister ?

Le jeudi 21 novembre se tenait à Blois le colloque annuel de la région Centre, en présence de Bernard Thibaud, secrétaire général du Secours Catholique, avec la participation de nombreuses associations engagées à divers titres dans l’accompagnement des chômeurs. La table ronde, animée par Delphine Dorlencourt, conseillère technique à l’URIOPSS Centre, réunissait Vincent Godebout, délégué général de Solidarités nouvelles face au chômage (SNC), Françoise Celery, conseillère d’insertion professionnelle à la mission locale du Romorantinais et Gérard Beaulande, président de l’association Les Amis d’Emmaüs de Salbris.

Sans travail, exister ?

publié en novembre 2013

La réflexion collective des participants s’est appuyée sur les témoignages de dix personnes en situation de chômage et accompagnées par le Secours Catholique qui ont dit, par une parole simple et directe, ce que furent leurs espoirs et leur désespoir. Elles ont dit aussi ce qu’est encore aujourd’hui leur quotidien, alors qu’elles restent confrontées au regard d’une société qui les comprend mal, combien il leur faut d’énergie pour ne pas lâcher prise et quelle force a été pour elles la rencontre ou les rencontres au sein des réseaux de solidarité qu’elles ont trouvés sur la route.

Pour Françoise Celery la situation d’exclusion atteint profondément le lien social et l’identité même de la personne, qui porte un jugement très sévère sur cette situation. Le travail ne suffit pas à définir ni la personne ni les valeurs qui sont les siennes, alors que son chemin de vie est beaucoup plus complexe et beaucoup plus riche. La personne porte un regard impitoyable sur son parcours alors qu’elle a besoin qu’on la restaure dans sa dignité.

Vincent Godebout refuse le terme de chômeur et préfère celui de chercheur d’emploi. Pour SNC les rencontres se font dans des lieux neutres (un bistrot par exemple). Tout le monde connaît des périodes difficiles. L’important est de tout faire pour ne pas tomber dans la « spirale infernale » de la longue durée. Il faut se réconcilier avec soi-même, la tête et le corps, au travers des activités conviviales. Devenir bénévole peut être un bon moyen et permet d’exister. SNC forme les bénévoles en binôme, pour une meilleure écoute.

Pour Gérard Beaulande, le contact permanent avec le monde est indispensable, en lien avec l’accompagnement qui permet de rester actif. À ce titre, Gérard Beaulande souligne la nécessité d’une coopération étroite entre les associations, qui doivent entretenir des relations constantes dans un grand partenariat pour accroître leur efficacité. Le rôle des centres communaux d’action sociale (CCAS) est alors déterminant.

Bernard Thibaud conclut les échanges nombreux avec la salle en soulignant combien les personnes privées d’emploi ont de compétences à valoriser. Or ce sont les emplois qui se sont éloignés des personnes et non l’inverse ; les personnes n’ont pas renoncé volontairement à occuper un emploi. Les demandeurs d’emploi sont les victimes de choix politiques ou économiques, ils ne sont pas à l’origine de leurs difficultés. L’emploi subit des mutations très profondes et la reprise économique ne suffira sans doute pas à résoudre toutes les situations. Déjà, dès 1993, la Conférence des évêques de France s’interrogeait sur les finalités poursuivies par les entreprises et sur le type de société que nous voulions construire.

Florence Lambert

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